23 juin 2010

"Je me souviens du Tour de France dans les Pyrénées",

170 pages, de nombreuses photographies. 15 €.

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Voici, à l'occasion du centenaire du Tour de France dans les Pyrénées, une rétrospective qui laisse la plus grande place aux témoignages, parfois étonnants ou révélateurs, qui nous viennent du peloton, du bord de la route du Tour, du sommet des cols ou des tribunes, aussi bien que des coulisses de ce gigantesque théâtre.


Chapitre 1 : La conquête des Pyrénées.

Chapitre 2 : Le roi des vélos et le vélo des rois !

Chapitre 3 : Nos Pyrénéens dans le Tour.

Chapitre 4 : Sur le bord de la route du Tour.

Chapitre 5 : Autour du Tour.

Repères chronologiques.

 

Posté par Palois à 09:43 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur "Je me souviens du Tour de France dans les Pyrénées",

    Extrait du chapitre 5 "Autour du Tour", une partie du témoignage de Guy Boy, qui nous permet un clin d'œil au vainqueur de l'étape 2010 Luchon-Pau, Pierrick Fédrigo. [Entre crochet, le texte du témoignage de Guy Bloy, non publié dans l'ouvrage. Il fallait bien faire des choix...]

    Guy Bloy, au passé de cycliste et de vélociste, a connu certains de nos Pyrénéens du Tour.

    *Guy Bloy. (*G.B.) - Je suis arrivé à Pau en 1956, à l’âge de 2 ans. Je suis né dans les Landes de la Chalosse, mais je me considère comme un Palois. Mon père était fabricant de vélos. J’ai monté, avec lui, une petite affaire de cycles, de fabricant, près de la gare. Il m'a tout appris. Aujourd’hui, j’attaque ma 35ème année dans ce travail…
    A.L. – Donc, spécialisé dans les vélos sur mesure.
    *G.B. – On n'a fait que du vélo sur mesure, montage à la carte, et on faisait la maintenance des vélos qu’on fabriquait. On a commencé tout modestement, par la fabrication de cadres acier. Aujourd'hui, j’ai ma marque, GBS, Guy Bloy Sport. Je ne fabrique plus de cadres, puisqu’il n’y a plus de demande, et je vends toujours sur mesure, des cadres "carbone". Je suis surtout un atelier spécialisé, haut de gamme. J’ai une multitude de clients professionnels… Stéphane Auger, Gilbert Duclos-Lassalle… J’ai débuté avec Gilbert, en tant que coureur, tout jeune.
    J’ai été bercé par le Tour de France dans les Pyrénées. On ne peut pas être dans le vélo sans penser au Tour de France.
    Mon père était passionné, il m'emmenait au Tour de France si je travaillais bien à l’école, à l’Aubisque, c’était toujours le passage obligé.
    Je me rappelle très bien de Darrigade battu, d’Anquetil, c’étaient les années 60-65. C’étaient des héros, je ne rêvais que de faire un jour du vélo, c’était pour moi la fête, je ne vivais que pour ça.
    A.L. - La fête… vous étiez proche des coureurs ?
    *G.B. - J’étais toujours auprès de coureurs régionaux qui étaient très forts, comme Robert Gibanel, Pierre Poutou. Il y a eu monsieur Mastrotto.

    Le vélo d'Anquetil

    *G.B. - J’ai eu la chance, une fois, de me cogner sur un vélo, c’était le vélo de Jacques Anquetil, qui était devant moi. Ça c’est le truc… il me semble que c’était hier. Je devais avoir 12 ans ; j’étais tout petit, je me faufilais au milieu des gens - mon père m’avait perdu - je voulais absolument voir Anquetil. J’ai buté sur son vélo et il a regardé qui lui avait cogné le vélo. C’était moi, j’étais devant lui comme scotché !
    A.L. - Admiratif devant le vélo ou devant Anquetil ?
    *G.B. - Devant tout. Je me rappelle les vélos bleus d’Anquetil, les vélos roses Mercier de Poulidor, une chose qui m’intéressait beaucoup. Je me suis rendu compte, avec le recul, que, tout jeune, je regardais les couleurs, c’est ce qui m’importait. Et aujourd’hui je suis reconnu en France comme peintre, je fais de la décoration sur vélo depuis plus de 20 ans.
    Et puis, après les vélos, j’allais voir les coureurs. C’était énorme pour moi, parce qu’on ne les voyait pas à la télé ! Anquetil, je le trouvais très beau sur un vélo, c’était un styliste. J’ai une tonne de livres de l’époque, qu’on avait tous les jeudis et tous les mardis, de couleur marron et de couleur verte, Miroir Sprint, Miroir des Sports.
    Il y avait un parfum qui n’y est plus aujourd’hui.
    *G.B. - Le monde du vélo était plus accessible, plus populaire ; on pouvait approcher les coureurs plus facilement. Pour moi c’était la grande époque du vélo ! Il y avait une dimension humaine plus importante. C’est un cirque ambulant, le cyclisme ! Je vais souvent sur les courses mais je ne retrouve pas cette ambiance.
    A.L. – Comment vous expliquez la différence ?
    *G.B. – Mais la vie a changé ! C’est vrai qu’autrefois on attendait l’évènement, il y avait un parfum qui n’y est plus aujourd’hui. Je comptais les jours avant le Tour de France, c’était énorme ! Je ne le vois pas avec les mêmes yeux, je le vois avec mes yeux de 56 ans, C’est vrai que j’étais émerveillé.

    Les coureurs du Tour de France

    A.L. – Pouvez-vous nous parler des coureurs du Tour de France que vous avez eus comme clients ?
    *G.B. - Ah oui, beaucoup ! Des coureurs de chez Peugeot… Cette maison nous donnait un jeu de décalques où je peignais les vélos aux couleurs de la marque. Peugeot n’avait pas un service course, on avait le droit de fabriquer des cadres pour certains coureurs et d’y mettre Peugeot dessus.
    [Jacques Esclassan, par exemple. On avait fait aussi un vélo pour Stéphane Roche, à l’époque. J’ai une photo dans mon bureau où vous avez cinq coureurs qui ont des contrats Peugeot, dont le père de Pierrick Fédrigo. Vous connaissez Pierrick Fedrigo, le professionnel qui est aujourd’hui chez Bouygues Télécom ? Je l’ai pris apprenti il y a une dizaine d’années. Il y a cinq maillots Peugeot, et cinq vélos fabriqués par mon père, de différents clubs.]

    Moi je peignais ceux qu'on fabriquait et on faisait toute la maintenance. Tout le monde avait à peu près le même matériel, ce n’était pas la course à l’armement. J’ai appris par les pros, qui, des fois, faisaient des interventions sur leurs vélos sans savoir trop pourquoi. Ils disaient que c’était bien, je m’étais marqué tout ça sur un petit carnet…
    A.L. – Par exemple ?
    *G.B. - Des études de position sur le vélo, surtout avec Bernard Labourdette. Quand il a été chez Sotomayor, chez Peugeot - on peignait pour lui - et je l’ai accompagné dans des critériums, où j'ai fréquenté Luis Ocaña, Jacques Esclassan, Pierre Raymond Villemiane… Dans les critériums je m’occupais de leurs vélos, et c’est de là que j’ai appris. Je faisais le chauffeur…
    A.L. – Dans la région ?
    *G.B. – On faisait la France entière. Je faisais la mécanique, le chauffeur, le masseur, le confident, je faisais tout ! C’était sympa. J’ai bien connu Eddy Merckx, mais il ne se rappellerait pas de moi. Voilà aussi quelqu’un qui était très respecté dans le milieu du vélo. À partir d’une certaine époque, je n’ai vraiment fréquenté que le haut niveau. (…)

    Posté par Fontan, 23 juillet 2010 à 09:57 | | Répondre
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